Discours prononcé lors du Salon des Mandataires le 16 février 2017

Bonjour à tous,

Je souhaiterais vous dire ma joie d’être aujourd’hui parmi vous, dans ce Salon des Mandataires où je me sens presque chez moi.

Pas uniquement en tant qu’habitant de la commune voisine, Rochefort, que l’orateur précédent aimerait peut-être, un jour, voir fusionnée avec la sienne…

Mais parce que j’y participe depuis la première édition, avec toujours autant de plaisir et d’émerveillement. Ce Salon des mandataires, c’est la matérialisation de l’ensemble de nos métiers et de nos préoccupations.

Moi, chaque année, je viens chercher ici des idées de plaines de jeux, des solutions techniques crédibles aux problèmes de nos espaces verts, ou des nouveaux modes de financement de projets citoyens.

Autant de réponses aux problèmes issus de la coexistence des hommes entre eux.

Chaque stand pose ici une bonne question et propose quelques dizaines de réponses, parmi lesquelles faire son choix...

Des questions, oui !, c’est précisément l’intérêt de ce salon parce que l’homme qui doute est déjà plus malin que celui qui sait.

Et comme Cicéron, je pense que nous faisons le plus beau métier du monde, quand nous démocratisons l’accès à la culture, à la santé, quand nous sécurisons les rues et aménageons les places, quand nous protégeons l’environnement, la nature, les cours d’eau.

Mais ne croyez que je cherche à occulter les dérives qui nous agitent pour l’instant.

Qui a dit que la démocratie était un jour définitivement acquise ou que nous étions arrivés - et pour toujours - à une espèce d’âge d’or des relations humaines ?

La démocratie n’a jamais connu d’âge d’or, nulle part, à aucune époque.  Il n’y a pas eu de siècle ou de système politique vertueux.

Rien n’est jamais acquis et tout est à refaire chaque matin.

Au 17è siècle déjà, le surintendant Fouquet détournait l’argent de l’Etat pour construire Vaulx-le-Vicomte.

Corriger, réformer, moraliser. Contraindre le fort, réprimer le puissant, affranchir le faible. Et n’en tirer aucun orgueil, et surtout aucun privilège !

Albert Camus a écrit « un homme, ça s’empêche ». J’ajouterais : un homme politique, ça s’empêche de trop de richesse quand les hommes sont trop pauvres, ça s’empêche de sa force devant les faibles !

Nous tous, gestionnaires de la chose publique : chaque instant de notre vie doit être trempé de cette philosophie de la responsabilité qui fait les sociétés justes, les civilisations grandes et belles ...

Loin des caricatures que l’on fait aujourd’hui de nous, je voudrais rappeler que notre mission de mandataire, nous la menons la nuit aux côtés de nos fonctionnaires de police, à côtés de nos pompiers quand il faut reloger une famille dont la maison a brûlé ou quand une rivière inonde un quartier.

Et aussi rappeler que lorsqu’on évoque les intercommunales, ce sont d’abord des milliers de travailleurs aux services des citoyens : ce sont les infirmières dans les hôpitaux, les personnes qui ramassent nos déchets, qui veillent à la distribution de l’eau, du gaz et de l’électricité, des employés qui œuvrent au développement de nos zonings industriels, d’autres qui gèrent des salles de sport, des piscines etc.

Et pour ce qui relève des écarts de conduite de certains, la démocratie n’est pas un fait acquis, c’est un combat de chaque jour que chacun doit d’abord s’appliquer à soi-même.

A ce titre, je m’engage ici avec toute ma détermination  à mettre en place avec vous une société plus juste, notamment au travers des plans de cohésion sociale, d’aider chaque commune dans sa quête d’une meilleure gouvernance, d’amener chacun à des logiques de schéma directeur au long terme par les plans stratégiques transversaux, de poursuivre ensemble les logiques d’assainissement des finances communales ....

Je veux faire entendre la voix de l’espérance, rassurer ceux qui comme moi veulent croire que le pire n’est jamais sûr et qu’il suffit parfois d’un homme. Cet homme, ce mandataire responsable et consciencieux qui habite aujourd’hui, ici, chacun de vous.

Je vous souhaite un très bon Salon, et de continuer à rêver et à travailler pour une société meilleure, pour un monde plus juste !

Vous nous trouverez, mon cabinet et moi, chaque jour, à vos côtés.

 

Pierre-Yves DERMAGNE,

Ministre des Pouvoirs locaux, de la Ville et du Logement